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Retraite des indépendants : pourquoi elle est souvent trop faible, et comment la compléter

Beaucoup de travailleurs non salariés (TNS) découvrent tard que leur future pension ne représentera qu'une fraction de leur revenu d'activité. La bonne nouvelle : ce n'est pas une fatalité. La retraite d'un indépendant se construit.

Artisan, commerçant, profession libérale, gérant majoritaire : vous avez choisi l'indépendance, avec ses libertés — et ses angles morts. Le plus fréquent d'entre eux, celui que nous rencontrons chaque semaine à l'agence, c'est la retraite. Beaucoup de travailleurs non salariés (TNS) découvrent tard que leur future pension ne représentera qu'une fraction de leur revenu d'activité.

La bonne nouvelle : ce n'est pas une fatalité. La retraite d'un indépendant se construit, et la rentrée est le bon moment pour s'y mettre — les versements réalisés d'ici le 31 décembre compteront pour l'imposition des revenus 2026. Voici un guide complet pour comprendre votre situation et agir.

Pourquoi la retraite des TNS est-elle souvent plus faible ?

Des pensions inférieures d'environ 20 % à la moyenne

Les chiffres officiels sont parlants : fin 2020, la pension moyenne des anciens artisans et commerçants s'élevait à 1 230 € par mois, contre 1 540 € pour l'ensemble des retraités, selon l'Insee. Tous statuts de non-salariés confondus (y compris exploitants agricoles), la moyenne tombe même à 1 180 € par mois. Et ces moyennes masquent de fortes disparités : de nombreux indépendants, notamment ceux qui ont alterné statuts ou connu des années de faible bénéfice, perçoivent nettement moins.

Des cotisations assises sur le bénéfice, pas sur le revenu réel d'activité

Le régime de retraite des indépendants n'est pas moins « généreux » par nature : il répond simplement à une autre logique. Vos droits se calculent sur votre bénéfice imposable (ou sur votre chiffre d'affaires après abattement pour les micro-entrepreneurs), et non sur l'ensemble de ce que votre activité vous rapporte réellement.

Or beaucoup d'indépendants pilotent — légitimement — leur rémunération pour optimiser charges et trésorerie : bénéfice contenu, dividendes pour les gérants de société, années creuses au démarrage… Chacune de ces décisions, rationnelle à court terme, réduit mécaniquement les droits acquis pour la retraite.

Micro-entrepreneurs : le piège des trimestres

Pour les micro-entrepreneurs, un chiffre d'affaires trop faible peut ne pas suffire à valider 4 trimestres par an. Une année travaillée peut donc compter très partiellement pour la retraite. Si vous cumulez micro-entreprise et autre activité, ou si vos revenus sont irréguliers, une vérification régulière de vos trimestres validés s'impose.

Première étape : savoir où vous en êtes

Vérifiez votre relevé de carrière

Avant de chercher à compléter, mesurez. Votre relevé de carrière, accessible sur le site officiel Info Retraite, récapitule vos trimestres et points acquis dans tous vos régimes successifs. Les erreurs ou omissions sont fréquentes chez les indépendants (changements de statut, périodes mixtes salarié/TNS) : plus elles sont détectées tôt, plus elles sont simples à corriger.

Estimez votre future pension — et l'écart à combler

L'enjeu se résume à une question : quel écart y aura-t-il entre votre dernier revenu d'activité et votre pension ? Pour obtenir un premier ordre de grandeur en quelques minutes, utilisez notre simulateur retraite : il vous donne une estimation indicative de votre pension et du complément à construire.

Réforme des retraites : où en est-on en 2026 ?

Point d'actualité important pour planifier : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a suspendu provisoirement la montée en charge de la réforme de 2023. À compter du 1er septembre 2026 et jusqu'à début 2028, l'âge légal reste gelé à 62 ans et 9 mois (génération 1964), et la durée d'assurance requise progresse plus lentement que prévu. Cette pause est temporaire et son issue dépendra de décisions politiques à venir : raison de plus pour ne pas construire votre stratégie retraite sur le seul régime obligatoire, dont les paramètres peuvent évoluer.

Le PER : l'outil de référence pour compléter une retraite de TNS

Comment fonctionne le PER individuel

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel, issu de la loi Pacte, a remplacé les anciens contrats Madelin et PERP. Le principe : vous versez à votre rythme pendant votre vie active (versements libres ou programmés, modulables selon vos années fastes ou creuses — un vrai atout quand on est indépendant), l'épargne est investie et fructifie, puis elle vous est reversée à la retraite.

L'avantage fiscal 2026 : un plafond de déduction renforcé pour les TNS

C'est l'argument majeur du PER pour un indépendant : les versements sont déductibles du bénéfice imposable, dans des limites spécifiques aux TNS, plus généreuses que celles des salariés. Pour 2026, avec un plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) fixé à 48 060 € (arrêté du 22 décembre 2025), vous pouvez déduire au maximum le plus élevé des deux montants suivants :

  • 10 % du bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS, soit 384 480 €), majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS — soit jusqu'à 88 911 € de déduction pour les bénéfices les plus élevés ;
  • ou, à défaut, 10 % du PASS, soit 4 806 € — un plancher accessible même avec un bénéfice modeste.

Concrètement, plus votre taux marginal d'imposition est élevé, plus l'effort d'épargne réel est allégé par l'économie d'impôt. Pour visualiser ce que cela représenterait dans votre situation, notre simulateur d'économie d'impôt PER vous donne une première estimation. Attention toutefois : l'optimisation fiscale ne doit jamais être le seul critère — le bon montant de versement dépend de votre trésorerie, de vos projets et de votre horizon. C'est précisément ce que nous étudions ensemble en rendez-vous.

À la sortie : capital, rente, ou les deux

Contrairement aux anciens contrats Madelin, qui imposaient une sortie en rente viagère, le PER permet de récupérer son épargne en capital (en une fois ou fractionné), en rente, ou en panachant les deux. Le PER prévoit aussi des cas de déblocage anticipé, dont l'acquisition de la résidence principale et les accidents de la vie (invalidité, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire…) — un filet de sécurité appréciable pour un chef d'entreprise. La fiscalité à la sortie dépend des choix effectués à l'entrée : un point technique à arbitrer avec votre conseiller.

Vous détenez un ancien contrat Madelin ?

Les contrats Madelin souscrits jusqu'au 1ᵉʳ octobre 2020, date de fin de leur commercialisation, continuent de fonctionner, mais ils n'offrent ni la souplesse de versement ni la sortie en capital du PER. Le transfert d'un Madelin vers un PER est possible et souvent pertinent — mais pas systématiquement : garanties de table de mortalité, taux techniques ou frais de transfert peuvent justifier de conserver l'ancien contrat. Un audit au cas par cas est indispensable avant toute décision.

Au-delà du PER : penser stratégie globale

Diversifier les sources de revenus futurs

Le PER est un pilier, pas l'édifice entier. Selon votre situation, d'autres leviers méritent d'être combinés : l'assurance vie (disponibilité permanente de l'épargne, transmission facilitée), l'immobilier locatif (revenus complémentaires, effet de levier du crédit), ou encore la valorisation puis la cession de votre outil professionnel. Chaque solution a ses avantages, ses contraintes et sa fiscalité propre ; leur bon dosage dépend de votre âge, de vos revenus et de vos objectifs. Notre page expertise retraite détaille notre approche.

N'oubliez pas le préalable : la prévoyance

Compléter sa retraite suppose de pouvoir épargner dans la durée — donc de sécuriser ses revenus d'abord. Un arrêt de travail ou une invalidité mal couverts peuvent ruiner vingt ans d'efforts d'épargne. Avant d'optimiser la retraite, vérifiez que votre socle de prévoyance TNS est solide : c'est l'ordre logique que nous suivons dans tous nos bilans.

Par où commencer ? Trois réflexes avant la fin de l'année

D'abord, vérifiez votre relevé de carrière et estimez votre pension avec notre simulateur. Ensuite, chiffrez votre capacité d'épargne réelle après charges et impôts. Enfin, faites valider la stratégie — choix du contrat, montant et rythme des versements, arbitrage Madelin/PER — par un professionnel qui connaît les spécificités des TNS.

Chez A2P, à Éguilles, nous accompagnons les indépendants du pays d'Aix dans la construction de leur retraite depuis le premier diagnostic jusqu'au suivi annuel des versements. Le premier échange est sans engagement — 30 minutes suffisent pour poser un premier diagnostic et repartir avec des pistes concrètes.

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Sources officielles et chiffres vérifiés (septembre 2026) : plafond annuel de la sécurité sociale 2026 (48 060 € — arrêté du 22 décembre 2025), Service-Public / Entreprendre ; plafonds de déduction épargne retraite TNS 2026 (art. 154 bis du CGI — calcul sur la base du PASS 2026), Generali — plafond épargne retraite 2026 ; pensions moyennes des anciens non-salariés (données fin 2020, publication 2025), Insee — Emploi et revenus des indépendants ; suspension de la progression de l'âge légal (LFSS 2026, applicable au 1er septembre 2026), Groupe CGO — suspension réforme des retraites. Contenu à caractère informatif — parlez-en avec votre conseiller. Les informations présentées ne constituent ni un conseil fiscal, ni une recommandation personnalisée d'investissement : toute décision doit être précédée d'une étude individuelle de votre situation. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Agence A2P — Matthieu Laurent, agent général AXA Prévoyance & Patrimoine (mentions ORIAS en mentions légales).

Matthieu Laurent
Associé · agent général AXA · Orias 18002972

Conseille les professions libérales, dirigeants et familles du Pays d'Aix en prévoyance, retraite, patrimoine et crédit immobilier (AXA Banque).

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