Retraite et prévoyance des professions libérales : ce que vos caisses couvrent (vraiment) en 2026
Si vous vous arrêtiez demain — maladie, accident — de quoi vivriez-vous ? Et dans vingt ans, quand vous raccrocherez, quelle part de votre revenu actuel votre retraite représentera-t-elle ?
La rentrée est passée, les agendas sont pleins, et c'est précisément maintenant que la question mérite d'être posée : si vous vous arrêtiez demain — maladie, accident — de quoi vivriez-vous ? Et dans vingt ans, quand vous raccrocherez, quelle part de votre revenu actuel votre retraite représentera-t-elle ?
Médecins, avocats, experts-comptables : vous cotisez chaque année des sommes importantes à vos caisses professionnelles. Beaucoup de nos clients libéraux du pays d'Aix en déduisent qu'ils sont « couverts ». La réalité est plus nuancée : chaque caisse a ses règles, ses délais de carence et ses plafonds — et c'est souvent dans les 90 premiers jours d'arrêt, puis au moment de la retraite, que les écarts se creusent. Faisons le point, chiffres 2026 à l'appui.
Une protection sociale à deux étages (et un escalier parfois raide)
Depuis juillet 2021, les professions libérales affiliées à la CNAVPL (c'est-à-dire toutes, sauf les avocats) bénéficient d'un socle commun : l'Assurance maladie (CPAM) verse des indemnités journalières du 4ᵉ au 90ᵉ jour d'arrêt de travail, après un délai de carence de 3 jours. Le montant est calculé sur 1/730ᵉ de votre revenu moyen des trois dernières années, retenu dans la limite de 3 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026. Concrètement, l'indemnité est plafonnée à 197,51 € bruts par jour — soit environ 6 000 € par mois au maximum, quel que soit votre revenu réel.
À partir du 91ᵉ jour, la CPAM passe le relais à votre caisse professionnelle. Et c'est là que les situations divergent fortement selon votre métier.
Médecins libéraux : ce que couvre la CARMF
Les indemnités journalières à partir du 91ᵉ jour
La CARMF verse des indemnités journalières à compter du 91ᵉ jour d'arrêt total de travail. En 2026, leur montant dépend de vos revenus :
de 65,84 € par jour pour des revenus inférieurs ou égaux à un PASS (48 060 €), jusqu'à 197,51 € par jour au maximum pour les revenus atteignant 3 PASS (144 180 €), avec un calcul intermédiaire en 1/730ᵉ du revenu entre les deux. Ces montants sont réduits au-delà de 62 ans.
L'angle mort du médecin libéral
Pour un praticien qui dégage 150 000 € de BNC, l'indemnisation maximale (CPAM puis CARMF) représente environ la moitié du revenu d'activité — sans compter les charges fixes du cabinet qui, elles, continuent de courir : loyer, salaires, crédit professionnel, URSSAF sur régularisations. L'invalidité pose une question du même ordre : la pension CARMF est forfaitaire par points et rarement à la hauteur du train de vie d'un praticien installé. C'est tout l'enjeu d'une prévoyance complémentaire calibrée : combler l'écart entre ce que versent les régimes obligatoires et ce dont votre foyer et votre cabinet ont réellement besoin.
Avocats : la CNBF prend le relais, mais à hauteur de 90 € par jour
Les avocats ne relèvent pas du socle CPAM : pendant les 90 premiers jours, c'est le contrat de prévoyance collectif souscrit par leur barreau qui les indemnise, après un délai de carence — La Prévoyance des Avocats (LPA) pour la plupart des barreaux de province, AON pour le barreau de Paris. À partir du 91ᵉ jour, la CNBF verse une indemnité journalière forfaitaire de 90 € par jour — soit environ 2 700 € bruts par mois. Un montant identique pour tous, que vous soyez collaborateur en début de carrière ou associé d'un cabinet d'affaires aixois.
Après trois ans d'incapacité, la pension d'invalidité CNBF correspond à la moitié de la pension de retraite de base à taux plein. En cas de décès, le capital versé aux proches est de 50 000 €, quelle que soit la cause. Pour un avocat dont le foyer repose sur 8 000 ou 10 000 € de revenus mensuels, l'écart avec le besoin réel se passe de commentaire.
Experts-comptables : la CAVEC, un régime par classes
La CAVEC fonctionne différemment : vos garanties dépendent de votre classe de cotisation, elle-même déterminée par vos revenus. En 2026 :
les indemnités journalières sont de 130 € par jour à partir du 91ᵉ jour, identiques pour toutes les classes ; la pension d'invalidité à 100 % va de 12 465 € à 49 860 € par an selon la classe (1 à 4) ; le capital décès s'échelonne de 72 713 € à 290 850 €.
Le point de vigilance : la classe est attribuée d'après vos revenus, mais les garanties des classes 1 et 2 restent modestes au regard du niveau de vie d'un expert-comptable installé. Et comme pour les médecins et avocats, rien n'est prévu pour les frais généraux du cabinet pendant un arrêt : c'est une garantie spécifique, qui ne peut venir que d'un contrat complémentaire.
La retraite du libéral : le vrai chantier de la rentrée
Côté retraite, toutes les professions libérales partagent le même constat : des régimes par points (base CNAVPL + complémentaire de votre caisse) qui offrent un taux de remplacement sensiblement inférieur à celui des salariés. Plus vos revenus d'activité sont élevés, plus la chute est marquée au moment de la liquidation — c'est mécanique, les régimes obligatoires étant plafonnés.
La réponse passe par une stratégie de capitalisation, et le Plan d'Épargne Retraite (PER) en est aujourd'hui le pilier fiscal le plus efficace pour un travailleur non salarié. En 2026, un professionnel libéral peut déduire de son bénéfice imposable jusqu'à 10 % de son bénéfice (limité à 8 PASS) plus 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS — soit un plafond de déduction pouvant atteindre 88 911 € cette année (et au minimum 4 806 € même en cas de faible bénéfice).
Pour un praticien ou un associé imposé dans les tranches à 41 % ou 45 %, chaque euro versé sur un PER travaille donc deux fois : il prépare la retraite et allège l'impôt de l'année. Notre simulateur d'économie d'impôt PER vous donne un ordre de grandeur en deux minutes, à partir de votre bénéfice et de votre tranche d'imposition.
Et si vous exercez en société (SELARL, SELAS) ?
Un mot pour les nombreux libéraux du pays d'Aix qui ont basculé leur exercice en société. Le passage en SELARL ou en SELAS change la donne : votre rémunération de gérant ou de président, vos dividendes et le bénéfice mis en réserve ne sont pas traités de la même façon par vos caisses ni par l'administration fiscale. Une rémunération volontairement contenue optimise peut-être vos cotisations aujourd'hui, mais elle réduit aussi l'assiette de vos indemnités journalières, de votre pension d'invalidité et de vos droits à la retraite — et votre plafond de déduction PER avec elle.
Autrement dit, l'arbitrage rémunération/dividendes ne se joue jamais uniquement sur la feuille d'impôt de l'année : il engage votre protection sociale sur toute la durée. C'est un sujet que nous examinons systématiquement avec votre expert-comptable, car les deux approches doivent se répondre.
Les bons réflexes avant la fin de l'année
Trois vérifications valent la peine d'être faites avant le 31 décembre. D'abord, relire vos garanties actuelles : beaucoup de contrats de prévoyance souscrits à l'installation n'ont jamais été réajustés, alors que vos revenus ont parfois doublé depuis. Notre simulateur de prévoyance vous permet d'estimer rapidement l'écart entre ce que verseraient vos régimes obligatoires et votre besoin réel. Ensuite, vérifier votre plafond de déduction PER disponible — il figure sur votre dernier avis d'imposition et les plafonds non utilisés des trois années précédentes restent mobilisables. Enfin, penser « globalement » : prévoyance, retraite et fiscalité se travaillent ensemble, pas en silos ; un contrat Madelin ancien, par exemple, mérite souvent d'être comparé aux PER actuels.
Parlons-en autour d'un café à Éguilles
Chaque situation de libéral est particulière : votre caisse, votre statut d'exercice (BNC, SELARL, SELAS), votre foyer et vos projets changent complètement la réponse. Ces lignes vous donnent les ordres de grandeur 2026 ; elles ne remplacent pas une étude personnalisée.
C'est précisément notre métier d'agents généraux AXA Prévoyance & Patrimoine : auditer l'existant, chiffrer les écarts et bâtir une couverture cohérente — sans refaire ce qui fonctionne déjà. Prenez rendez-vous à l'agence d'Éguilles, en visio ou par téléphone : le premier échange dure 45 minutes et n'engage à rien.
Prenez rendez-vous →Sources officielles : Arrêté du 22 décembre 2025 — PASS 2026 (via LégiSocial) · ameli.fr — IJ maladie des professions libérales · CARMF — Indemnités journalières · CNBF — Invalidité-décès · CNB — Protection sociale de l'avocat (AON / LPA jusqu'au 90ᵉ jour, CNBF ensuite) · CAVEC — Vos droits en prévoyance 2026. Contenu à caractère informatif — parlez-en avec votre conseiller. Les montants indiqués sont ceux en vigueur en 2026 et sont susceptibles d'évoluer. Aucun élément de cet article ne constitue un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Agence A2P — Matthieu Laurent, agent général AXA Prévoyance & Patrimoine (mentions ORIAS en mentions légales).
