Prévoyance TNS : combien ça coûte et comment bien choisir en 2026
Artisan, commerçant, profession libérale, gérant majoritaire : lorsque vous vous arrêtez de travailler, votre chiffre d'affaires s'arrête avec vous. Voici un point complet, avec les chiffres 2026 vérifiés.
Artisan, commerçant, profession libérale, gérant majoritaire : lorsque vous vous arrêtez de travailler, votre chiffre d'affaires s'arrête avec vous. C'est la réalité la plus simple — et la plus souvent sous-estimée — de la vie d'indépendant. La rentrée est un bon moment pour se poser la question à froid : si demain un accident ou une maladie m'immobilise trois mois, six mois, un an… de quoi vivrait ma famille ? Et mon entreprise ?
La prévoyance est précisément le contrat qui répond à cette question. Mais elle soulève deux interrogations très concrètes que l'on entend chaque semaine à l'agence, à Éguilles : « combien ça coûte ? » et « comment savoir si le contrat est bon ? ». Voici un point complet, avec les chiffres 2026 vérifiés.
Pourquoi la prévoyance est vitale quand on est indépendant
Ce que le régime obligatoire vous verse réellement en 2026
Contrairement à un salarié — qui cumule indemnités de la Sécurité sociale, maintien de salaire par l'employeur et souvent un contrat collectif — le travailleur indépendant ne peut compter que sur un socle public modeste.
Pour les artisans et commerçants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), l'indemnité journalière maladie est égale à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, avec un délai de carence de 3 jours et un plafond de 65,84 € bruts par jour en 2026 (le revenu pris en compte est plafonné au PASS, fixé à 48 060 € cette année). Concrètement, un artisan qui déclare 36 000 € par an touchera environ 49 € par jour, soit à peine 1 480 € par mois — et rien du tout si son revenu moyen est inférieur à 4 582 € (10 % de la moyenne du PASS des trois années prises en compte). Il faut par ailleurs justifier de 12 mois d'affiliation.
| Revenu annuel moyen | Votre revenu par jour | Indemnité SSI par jour | Part du revenu couverte |
|---|---|---|---|
| 30 000 € | 82 € | 41,10 € | 50 % |
| 48 060 € (1 PASS) | 132 € | 65,84 € | 50 % |
| 80 000 € | 219 € | 65,84 € (plafond) | 30 % |
Revenu par jour = revenu annuel / 365. Barème SSI 2026, PASS 2026 = 48 060 €. L'indemnité ne couvre ni vos charges professionnelles, ni les 3 premiers jours.
Pour les professions libérales relevant de la CNAVPL (architectes, experts-comptables, kinés, infirmiers libéraux, consultants…), le régime commun mis en place en 2021 verse une IJ selon la même logique du 1/730e, entre 26,33 € et 197,50 € par jour en 2026, après 3 jours de carence, mais uniquement jusqu'au 90e jour d'arrêt. Au-delà, tout dépend de votre caisse : certaines prennent le relais avec des montants réduits (CARMF, CARPIMKO, CAVEC…), d'autres ne versent rien (CIPAV, CAVOM, CPRN…).
En cas d'invalidité, la pension SSI est comprise en 2026 entre 747 € et 2 002,50 € par mois pour une invalidité totale, et entre 530 € et 1 201 € pour une invalidité partielle. Et en cas de décès, le capital versé aux proches par le régime obligatoire se compte en quelques milliers d'euros — très loin de ce qu'il faudrait pour rembourser un crédit ou financer les études des enfants.
Le vrai risque : la durée
Trois jours d'arrêt, tout le monde les absorbe. Le danger, c'est l'arrêt long : hernie discale opérée, accident de la route, burn-out, cancer. C'est là que se creuse l'écart entre vos charges fixes (loyer professionnel, emprunts, cotisations, salaires) et un revenu divisé par deux ou par trois. La prévoyance sert à combler cet écart, pas à financer une grippe.
Pour visualiser en deux minutes ce que vous toucheriez en cas d'arrêt, notre simulateur prévoyance en ligne compare votre situation actuelle à un niveau de couverture cible.
Simuler mon arrêt de travail →Combien coûte une prévoyance TNS en 2026 ?
Les ordres de grandeur
Il n'existe pas de « prix de la prévoyance » : chaque contrat est tarifé sur mesure. On peut néanmoins donner des repères réalistes, constatés sur le marché en 2026 :
- À partir d'environ 30 € par mois pour une couverture d'entrée de gamme (IJ modestes, franchise longue, capital décès limité) — utile pour démarrer, rarement suffisante pour un chef de famille.
- Entre 50 et 150 € par mois pour une couverture complète (IJ à hauteur du revenu, rente invalidité, capital décès, rente éducation) chez un artisan ou un commerçant de 30 à 45 ans en bonne santé.
- 200 à 350 € par mois, parfois davantage, pour une profession libérale à revenus élevés, un métier physiquement exposé, ou un assuré de plus de 50 ans souhaitant une couverture large.
Ces montants sont donnés à titre indicatif : seul un devis personnalisé engage l'assureur.
Ce qui fait varier votre cotisation
Cinq paramètres pèsent l'essentiel du prix :
- Votre revenu à garantir — plus les IJ et la rente sont élevées, plus la prime augmente. C'est mécanique.
- Votre âge — la plupart des contrats évoluent avec l'âge ; certains proposent une cotisation nivelée, plus chère au départ mais stable.
- Votre métier — un couvreur, un boucher ou un ambulancier ne sont pas tarifés comme un consultant. Le risque d'accident et la difficulté à reprendre l'activité entrent en ligne de compte.
- La franchise choisie — 3, 7, 15, 30, 60 ou 90 jours : plus elle est courte, plus la cotisation grimpe. Une franchise de 15 ou 30 jours en maladie, avec une franchise réduite en cas d'accident ou d'hospitalisation, est souvent un bon compromis.
- Votre état de santé et vos habitudes — le questionnaire médical peut conduire à des surprimes ou des exclusions ; le tabac est un facteur classique.
La bonne nouvelle : la déduction fiscale
Les cotisations d'un contrat de prévoyance éligible au dispositif « Madelin » (article 154 bis du CGI) sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond commun avec la complémentaire santé :
3,75 % du bénéfice imposable + 7 % du PASS, le tout plafonné à 3 % de 8 PASS.
Avec un PASS 2026 à 48 060 €, cela donne un socle de 3 364,20 € quel que soit votre revenu, et un plafond maximal de 11 534,40 €. Exemple : pour un bénéfice de 45 000 €, le disponible atteint 1 687,50 € + 3 364,20 € = 5 051,70 € de cotisations déductibles par an. Un contrat à 100 € par mois est donc, la plupart du temps, intégralement déduit — ce qui réduit son coût réel de votre taux marginal d'imposition. Ce dispositif concerne les TNS relevant des BIC, BNC ou de l'article 62 (gérants majoritaires) ; les micro-entrepreneurs, eux, ne peuvent pas en bénéficier.
Une cotisation de 150 € par mois, soit 1 800 € par an, déduite par un indépendant dont la tranche marginale d'imposition est de 30 %, réduit son impôt de 540 €. Coût net : 1 260 € par an, soit 105 € par mois. Ce chiffre est un exemple de calcul, pas un tarif.
Attention : ce calcul dépend de votre situation fiscale globale et de vos autres contrats. Nous le faisons avec vous en rendez-vous, chiffres en main.
Comment bien choisir sa prévoyance TNS : les 6 points à vérifier
1. Le niveau des indemnités journalières
L'objectif est simple : que la somme « IJ régime obligatoire + IJ contrat » couvre vos charges personnelles fixes et, idéalement, votre revenu habituel. Beaucoup d'indépendants raisonnent en chiffre d'affaires ; il faut raisonner en revenu net disponible — et penser à couvrir aussi les charges de l'entreprise (option « frais généraux permanents »).
2. Le mode d'indemnisation : forfaitaire ou indemnitaire
Un contrat forfaitaire verse le montant prévu, quel que soit ce que vous touchez par ailleurs. Un contrat indemnitaire ne complète que votre perte de revenu réelle, ce qui peut réduire fortement la prestation si votre revenu fiscal est bas (optimisation, année de création…). Pour un indépendant, le forfaitaire est généralement plus lisible et plus protecteur.
3. La définition de l'invalidité
C'est le point technique qui change tout. Vérifiez si l'invalidité est appréciée par rapport à votre profession (impossibilité d'exercer votre métier) ou à toute profession. Un chirurgien-dentiste qui perd l'usage d'une main est invalide dans son métier, pas nécessairement « pour toute activité ». Regardez aussi le barème utilisé (fonctionnel, professionnel ou croisé) et le seuil de déclenchement (souvent 33 % ou 66 %).
4. Les franchises et les exclusions
Franchise en maladie, en accident, en hospitalisation ; exclusions ou options pour les affections dorsales et psychiques (les deux premières causes d'arrêts longs), pour les sports pratiqués, pour la grossesse pathologique. Un contrat pas cher qui exclut le dos et le psy protège peu.
5. Le décès : capital, rente conjoint, rente éducation
Le capital décès doit permettre de solder les dettes et de donner du temps aux proches ; la rente éducation finance les études des enfants jusqu'à un âge donné ; la rente conjoint compense la perte de revenu du foyer. Pensez à articuler ces garanties avec votre assurance emprunteur pour éviter les doublons… ou les trous (voir aussi notre guide garanties et quotité d'assurance de prêt).
6. Le formalisme et la souplesse du contrat
Questionnaire médical clair, absence de « clause de revenu justifié » trop stricte, possibilité de faire évoluer les garanties sans nouvelle sélection médicale, délai de versement des IJ, tarification garantie ou révisable : ce sont les détails qui font qu'un contrat fonctionne le jour où l'on en a besoin.
Trois profils, trois façons de choisir
- L'artisan du bâtiment de 38 ans, marié, deux enfants, avec un crédit immobilier : priorité aux IJ avec franchise courte en accident, invalidité appréciée sur sa profession, capital décès et rente éducation. Le budget se situe fréquemment dans la fourchette 80-150 € par mois, largement déductible.
- La profession libérale de 45 ans, revenus élevés : le régime CNAVPL s'arrête au 90e jour — la couverture des arrêts longs et l'invalidité sont donc le cœur du contrat, avec des IJ élevées et souvent une garantie « frais généraux » pour maintenir le cabinet.
- Le créateur ou la micro-entrepreneuse de 30 ans, célibataire : une IJ raisonnable et une invalidité solide suffisent souvent au départ ; le décès est moins prioritaire. On révise à chaque étape de vie (mariage, enfant, achat immobilier).
Dans les trois cas, l'ordre est le même : d'abord mesurer l'écart entre ce que le régime obligatoire verse et ce dont vous avez besoin, ensuite seulement comparer les prix.
Passez à l'action : un devis adapté à votre métier et à vos revenus
La prévoyance est l'un des rares contrats où le « moins cher » peut coûter très cher. Chez A2P, à Éguilles, nous travaillons en deux temps : un diagnostic de vos droits actuels (SSI ou caisse libérale), puis un devis calibré sur votre profession, votre revenu et votre situation familiale — en intégrant la déduction fiscale et l'articulation avec votre stratégie retraite et PER.
Recevez un devis prévoyance adapté à votre métier et vos revenus : prenez rendez-vous à l'agence ou en visio — l'entretien est gratuit et sans engagement.
Prendre rendez-vous →Et pour commencer dès maintenant, notre simulateur prévoyance vous donne un premier ordre de grandeur de votre couverture actuelle. Toutes nos solutions prévoyance pour indépendants sont détaillées sur notre page expertise prévoyance.
FAQ
La prévoyance est-elle obligatoire pour un indépendant ?
Non. Vous cotisez obligatoirement à votre caisse (Sécurité sociale des indépendants ou caisse de profession libérale), mais le contrat de prévoyance complémentaire est facultatif. Il est pourtant le seul à combler l'écart entre ce que verse la caisse et votre revenu réel.
Quel est le plafond de déduction Madelin prévoyance en 2026 ?
Les cotisations prévoyance et santé se déduisent ensemble dans la limite de 3,75 % du bénéfice imposable plus 7 % du PASS (3 364,20 € en 2026), le tout plafonné à 3 % de 8 PASS, soit 11 534,40 €.
Un micro-entrepreneur peut-il déduire sa prévoyance ?
Non. Le micro-entrepreneur bénéficie d'un abattement forfaitaire pour frais et ne peut pas déduire ses charges réelles, donc pas ses cotisations Madelin. Il peut en revanche souscrire une prévoyance, souvent indispensable vu la faiblesse de ses indemnités journalières.
Sources officielles et chiffres 2026 vérifiés (août 2026) : PASS 2026 = 48 060 € (BOSS / Urssaf, arrêté publié fin 2025) ; IJ maladie artisans-commerçants : 1/730e du RAAM, carence 3 jours, plafond 65,84 €/jour, revenu minimum 4 582 € — ameli.fr ; IJ professions libérales CNAVPL : 26,33 € à 197,50 €/jour, 3 jours de carence, jusqu'au 90e jour ; pensions d'invalidité SSI 2026 : 747 € à 2 002,50 €/mois (totale), 530,21 € à 1 201,50 €/mois (partielle) ; plafond de déduction Madelin prévoyance/santé : 3,75 % du bénéfice + 7 % du PASS, dans la limite de 3 % de 8 PASS soit 11 534,40 € (art. 154 bis CGI). Contenu à caractère informatif — parlez-en avec votre conseiller. Les montants cités sont des ordres de grandeur non contractuels ; ils dépendent de votre situation personnelle, professionnelle et fiscale. Aucun élément de cet article ne constitue un conseil financier ou fiscal personnalisé. Agence A2P — Matthieu Laurent, agent général AXA Prévoyance & Patrimoine (mentions ORIAS en mentions légales).
